HISTORIQUE DE LA CAPOEIRA

La Capoeira est l'un des aspects les plus fascinants de la Culture Brésilienne. Le Capoeiriste est à la fois un lutteur, un danseur, un acrobate, un farceur, un comédien et un musicien. Elle est le résultat de l'extraordinaire rencontre (contrainte et forcée) entre les différentes cultures africaines sur le territoire du Brésil durant plus de trois siècles d'esclavage. Venus d'Afrique avec leurs danses, leurs rites, leurs fêtes et leurs chants, les esclaves ont fini par créer un rituel unique, lié à leur condition: la Capoeira. Sous sa forme dansée, chantée et inoffensive aux yeux des maîtres et surveillants, la Capoeira était en réalité une véritable préparation au combat. Le combat des plus faibles et des plus démunis contre les plus forts. Longtemps interdite et réprimée, même après l'abolition de l'esclavage en 1888, la Capoeira ne sera autorisée par le Gouvernement Brésilien qu'en 1937... Elle sera enfin reconnue pour sa valeur culturelle, éducative, créative et artistique. Elle est ˆ présent enseignée et pratiquée dans la rue et dans les écoles, mais aussi dans les universités, les ateliers de théâtre et de danse contemporaine, les écoles de cirque et les centres de sports, au Brésil, aux Etats-Unis et depuis quelques années en Europe. Comme nous le verrons, la Capoeira, dans sa forme, ne ressemble à aucune autre danse ni aucun autre art de combat. Elle est l'art de lutter dans la danse et de danser dans la lutte. Enfin, elle est un jeu...

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LA CAPOEIRA EST UN RITUEL

Un rituel d'une grande beauté. Les mouvements des Capoeiristes sont ceux des animaux. Macaques, reptiles, oiseaux ou félins, ils évoluent indifféremment debout ou renversés, à quatre pattes ou bien complètement allongés, prêts à bondir dans les airs ou sur leur proie. Ils sont soutenus autour par des rythmes de percussions, les chants et les frappes des mains des autres Capoeiristes. Ces derniers, en attendant leur tour, se forment en cercle et "chauffent" le jeu avant de se lancer dedans. C'est la Roda

UN ESPACE CIRCULAIRE

A l'intérieur de ce cercle, c'est l'aire du jeu, le lieu de danse, le lieu de la lutte. C'est ici que l'on se montre aux autres, que l'on s'expose aux risques, que l'on improvise des personnages, que l'on établit un dialogue corporel avec son partenaire (ou adversaire). Autour, les Capoeiristes forment la Roda. Ils rythment le jeu pour se donner de l'énergie ou en donner aux autres. Les percussions augmentent ou réduisent la cadence, les chants envoient des messages, des avertissements ou des conseils, commentent le jeu ou racontent les histoires légendaires de la Capoeira. La qualité du jeu dépend du rythme et des chĎurs autour. Les deux sont inséparables.

 

AU CENTRE, IL A LE JEU

Il a comme tous les jeux, ses traditions, ses règles, ses codes pour entrer dans le cercle, pour s'arrêter ou pour reprendre. Par contre, lorsqu'on est au centre, face à son partenaire, il s'agit de ne pas se tromper. Tout peut arriver très vite. Même si le rythme est lent. Etre au centre, c'est être seul dans une expérience que ne vas pas se répéter. Si une pensée traverse l'esprit, elle peut gêner les réflexes du corps. Etre au centre, c'est être totalement présent et "indivisible".

 

LE TEMPS D'UNE IMPROVISATION

La Capoeira n'est une improvisation : Improvisation de jeu, de mouvement, d'action, de musique, de chant, d'entrée et de sortie. L'écoute et l'instinct de survie sont les nourritures de base du joueur de Capoeira. Il doit être ˆ l'écoute de tout ce qui se passe autour de lui, de l'autre et de lui-mme. Il faut voir plutôt que prévoir afin de ne pas créer d'interférence entre ses mouvements et le danger qui le guette. Il doit réveiller ses instincts, suivre ses intuitions et entrer dans le conflit, dans le jeu, dans la danse. C'est de cette façon que le Capoeiriste répond avec subtilité et justesse aux situations les plus diverses et bien souvent les plus surprenantes.

 

LE TEMPS D'UN DIALOGUE

Etre au cĎur du rituel et faire un "beau jeu", c'est engager le dialogue avec son partenaire en utilisant tous les recours que l'on a à sa portée pour le tromper et l'amener au piège. C'est utiliser la force de l'autre et la retourner contre lui-même. Cette lutte du plus faible contre le plus fort ne nécessite pas d'être un athléte ou grand acrobate. Un sourire, un geste malicieux, un cri, une douleur, déguisée, un coup porté ou un coup reçu et une esquive bien placée sont souvent plus utiles pour mener le jeu où l'on veut. Le temps du jeu c'est d'entrer, d'établir la relation avec son partenaire, d'être attentif et ˆ l'écoute de son énergie corporelle, (sa rapidité ou sa lenteur, son niveau d'agressivité, ses capacités de ruse, de stratégie, son agilité, son humour, ... ). Ici aussi, comme au théâtre ou dans la danse, la qualité d'écoute fera que le jeu sera "bon ou mauvais", "vrai ou faux". Tomber dans le piège n'est pas douloureux dans la Capoeira puisque le principe est de ne pas se toucher, mais de rester fluide l'un par rapport ˆ l'autre et d'arrêter le coup avant de se faire obstacle. A la fin, personne ne gagne ou perd. On se sert la main et on s'arrête là.